Et si le plus grand studio d’animation poétique du Japon avait mis la main à la pâte dans un film Dragon Ball sans que personne ne le sache ? Ce n’
- 10 août, 2025
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Et si le plus grand studio d’animation poétique du Japon avait mis la main à la pâte dans un film Dragon Ball sans que personne ne le sache ? Ce n’est pas une théorie de fans, c’est un fait avéré.
L’univers de Dragon Ball semble aux antipodes de celui du Studio Ghibli. D’un côté, des combats explosifs à l’échelle planétaire. De l’autre, des récits contemplatifs où le silence a autant de poids qu’un mot.
Pourtant, en 1996, ces deux mastodontes se sont croisés, le temps d’un film passé sous les radars. Ce n’était ni Totoro ni Shenron, mais une collaboration unique dans l’ombre.
Et elle a eu lieu dans un long-métrage que peu de fans citent encore aujourd’hui : The Path to Power.
Un anniversaire fêté dans la discrétion
Lorsque The Path to Power sort en 1996, c’est pour célébrer les dix ans de la première diffusion de Dragon Ball. Plutôt que de produire un nouveau récit, Toei opte pour une version revisitée des débuts de l’histoire. Le film condense la rencontre de Goku et Bulma, la quête des Dragon Balls et le conflit contre l’Armée du Ruban Rouge dans une seule aventure d’1h20. Officiellement, c’est une création Toei. Mais les plus attentifs, en épluchant les crédits, ont eu une surprise de taille : le Studio Ghibli y apparaît.
Un crédit discret mais authentique
Dans les crédits officiels du film, et dans la base de données Anime News Network, le nom de Ghibli est bel et bien mentionné. Le studio est crédité en "production support", une mention générique mais significative. Cela ne veut pas dire que Miyazaki a storyboardé une scène de Kamehameha, mais que des équipes de Ghibli ont été impliquées dans des tâches essentielles à la fabrication de l’animation : dessins intermédiaires, décors de fond, colorisation, nettoyage. Le travail invisible des petites mains sans lesquelles aucun film ne sort dans les temps.
L’animation japonaise, une industrie solidaire
Contrairement à ce que certains imaginent, les grands studios d’animation ne fonctionnent pas toujours en silos fermés. Il est courant, lors des périodes de forte activité, que des équipes soient sous-traitées entre studios partenaires. Cela permet d’absorber les délais serrés, de mutualiser les compétences et d’offrir du travail régulier aux animateurs. Même Ghibli, malgré sa réputation de studio indépendant et exigeant, a souvent prêté main-forte à d'autres productions. Ce n’est pas une trahison de leur vision artistique, mais une logique de survie dans un secteur au rythme intense.
D’autres œuvres ont bénéficié de leur aide
Ce n’est pas la seule fois que Ghibli s’est invité discrètement dans une autre production. Le studio a contribué à Bleach: Hell Verse, avec des arrière-plans peints à la main. Il a aussi épaulé Fullmetal Alchemist: Brotherhood, notamment sur des plans intermédiaires exigeant précision et cohérence. Même Evangelion, pourtant à mille lieues du style Ghibli, a bénéficié de leur savoir-faire dans l’épisode 11. Leur polyvalence est telle que leur empreinte peut se fondre dans n’importe quel univers, sans jamais trahir leur sens du détail.
Le retour d’ascenseur signé Toei
Quelques années plus tard, les rôles se sont inversés. En 2020, Ghibli sort Aya et la Sorcière, son premier film en images de synthèse. Et devinez qui apparaît dans les crédits ? Toei Animation, cette fois en "production assistance". Preuve que cette entraide silencieuse est réciproque. Ce genre de partenariat est moins rare qu’on pourrait le croire : dans les coulisses, l’animation japonaise repose sur des réseaux de confiance, parfois tissés depuis des décennies, où les grands comme les petits s’entraident selon les besoins du moment.
Une coïncidence de calendrier révélatrice
Le plus fascinant dans cette histoire, c’est le timing. En 1996, pendant que les artistes de Ghibli donnaient un coup de main à Toei sur The Path to Power, le studio travaillait en parallèle sur Princesse Mononoké, qui sortira l’année suivante. On imagine les animateurs jonglant entre l’univers de Goku et celui d’Ashitaka, entre les montagnes verdoyantes du Japon féodal et les plaines désertiques peuplées de robots et de dragons. Ce grand écart artistique témoigne d’un savoir-faire rare, capable de naviguer entre deux tonalités opposées.
Repères et dates pour situer l’histoire
| Année | Événement | Détail |
| 1986 | Début de l’anime Dragon Ball | Première diffusion sur Fuji TV |
| 1996 | Sortie de The Path to Power | Ghibli crédité en "production support" |
| 1997 | Sortie de Princesse Mononoké | Production en parallèle |
| 2013 | Battle of Gods relance la saga au cinéma | Premier film depuis 17 ans |
| 2020 | Aya et la Sorcière crédit Toei | Retour d’ascenseur officiel |
Quand deux géants s’unissent dans l’ombre
Cette anecdote reste méconnue, car The Path to Power n’est pas le film Dragon Ball le plus cité. Et Ghibli, fidèle à sa discrétion, n’a jamais communiqué sur cette collaboration. Mais cette petite trace dans les crédits suffit à créer un lien inédit entre deux mythes de l’animation japonaise. C’est aussi une manière de rappeler que derrière chaque image animée, il y a des centaines de gestes, de décisions, de coups de crayon, parfois venus de mains inattendues. Et que l’animation, même chez les géants, reste un travail d’équipe, fait de confiance, d’admiration mutuelle et de respect du métier.


